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LA
NOUVELLE VIE DE PILAR
Mais il existe une étape importante dans sa vie, qui n´apparaît pas dans les chroniques et qu´il est important de souligner: son étape communautaire. Le renouveau ecclésial du Concile, Pilar l´a vécu dans une communauté, la communauté de Ayala. Nous nous rappelons son arrivée, elle faisait honneur à son nom: Pilar, pilier de la communauté, pilier de fer (Jr 1, 18). Et nous le conservons comme un trésor précieux, comme une huile parfumée (Qoh 7,1) En novembre 1985, Pilar fut envoyée à Rome avec une mission spéciale: remettre au cardinal Pironio mon écrit sur la mort de Jean Paul I. De plus, elle avait été invitée par Monseigneur Pironio à la commémoration du Décret conciliaire sur l´Apostolat des laïcs. Cette occasion nous parut providentielle. Elle-même commenta ainsi au cardinal son arrivée à la communauté: “Je commençai par lui dire comment , ma sœur et moi, alors que j´avais cessé toutes mes activités et que j´avais des problèmes de santé, nous étions à la recherche d´une communauté vivante. Comme celle qu´avaient trouvée mes frères et sœurs, Carmen et Paco, qui venaient chez moi, parce qu´à l´époque, j´avais très peu d´activité et je sortais à peine. Ils nous transmettaient ce qu´ils étaient en train de vivre. Et moi, cela m´impressionnait, car ils disaient la même chose que ce que disaient les premiers disciples lorsqu´ils avaient découvert Jésus, et qu´ils disaient aux autres: Nous avons trouvé ce que nous cherchions”. En ce qui nous concerne, dans notre lettre du 25 septembre 1997, nous communiquions au cardinal, au cas où il n´en serait pas informé, la triste maladie dont souffrait Pilar, maladie qui l´empêchait de se souvenir et, en réalité, de communiquer. Nous lui disions:” Seulement une nouvelle vie peut nous rendre Pilar telle que nous l´avons connue”. Le 7 juillet dernier, en envoyant aux deux sœurs mon livre El día de la cuenta, dans lequel apparaît sa conversation avec le cardinal Pironio, je leur écrivais la dédicace suivante: "Pour Pilar et Carmen, qui, à un moment donné, ont trouvé ce qu´elles cherchaient”. Son enterrement eut lieu à Soria, le 4 janvier, et ce même jour (en fin d´après-midi), nous avons célébré, comme le dit le Concile (SC 81), la dimension pascale de la mort de Pilar, sa présence nouvelle, cette dimension nouvelle dans laquelle elle vit maintenant avec le Seigneur Ressuscité. Précisément ce jour-là, on lisait dans toutes les églises, le passage de l´Evangile (Jn 1,35-42), dans lequel ces premiers disciples, qui avaient trouvé Jésus, disaient aux autres: Nous avons trouvé ce que nous cherchions. Cette parole ne nous parut pas un hasard, mais une parole vivante de Dieu qui nous rendait Pilar telle que nous l´avions connue. Le psaume du jour invitait à l´action de grâce: Chantez au Seigneur un chant nouveau, car Il a fait des merveilles. Mais ce n´est pas tout. Le psaume proclamait urbi et orbi une parole interdite, réprimée, rejetée, parce que la parole de Dieu n´est pas enchaînée: La mer et ses êtres vivants résonnent, la terre et ses habitants, les fleuves applaudissent, les montagnes s´unissent pour crier leur joie à la face du Seigneur, car Il vient, Il vient pour faire justice sur la terre. Ainsi en fut-il: discerné, écouté, célébré. Ce fut comme un éclair dans la voûte du ciel (Mt 24,27), un signal du Jour du jugement.
Jesús López, janvier 2003 |
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