DIPLÔME D´IMMORALITÉ(Rien de nouveau sous le soleil)
« Une merveilleuse rencontre », a souligné la Maison Blanche. « Une rencontre familiale, placée sous le signe de l´amitié » a commenté L´Osservatore Romano. Et cependant, et ce, à l´interieur même du Vatican, certains prélats ont critiqué l´accueil exceptionnel réservé à celui qui avait fait fi du rappel à l´ordredu pape contre la guerre en Irak et en faveur de la paix. La guerre en Irak a provoqué plus d´un demi-million de morts. À l´occasion du cinquième anniversaire de l´invasion, telle fut l´accusation de Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d´Économie : «La guerre n´a eu que deux vainqueurs : les compagnies pétrolières etles fournisseurs de la Défense » ; « le nombre des morts en Irak est passé de 450 000 dans les premiers 40 mois de la guerre (150 000 d´entre elles, de mort violente) à 600 000 actuellement ». Au lieu de l´interpeler avec dureté, comme le fit le prophète Élie pour le roi Ajab : Non seulement tu commets un assassinat, mais, en plus, tu t´appropries ce qui n´est pas à toi ? Tu as fait pécher Israël !, le pape Benoît XVI reçoit Bush avec tous les honneurs ; de plus, il lui décerne un diplôme de moralité. Tout cela est très conforme à la diplomatie, mais pas à l´Évangile. La nouvelle suscite chez beaucoup (croyants et non-croyants) la perplexité et l´indignation. Notre attention est attirée par les lectures qui sont lues ces jours-ci ce (ce ne sont que celles qui sont indiquées) : Tu n´es pas un Dieu à qui agrée l´impiété, le malfaiteur n´est pas ton hôte,... tu fais périr les menteurs ; l´homme de sang et de fraude, Dieu le déteste (Ps 5). On se rappelle l´accusation qu´Élie lance au roi Ajab pour l´assassinat de Nabot (1 R 21,19-21). On reprend la prière de David, après l´accusation que lui a adressée Nathan pour l´assassinat d´Urie : Affranchis-moi du sang versé (Ps 51). Et, finalement, on écoute le cri d´Élisée, ramassant le manteau du prophète éliminé, assassiné : Mais où est le Dieu d´Élie, où donc ? (2 R 2, 1-14).
Jesús López Sáez |